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VPN gratuit : risques, Proton VPN et quand payer

En bref

Un VPN gratuit pose toujours la question de son modèle économique : si le service ne se paye pas en argent, il peut se payer en données. Une étude de l'université du Michigan, présentée en 2026, a passé au crible 281 applications VPN Android populaires et relève des fuites de trafic, des données envoyées sans chiffrement et des identifiants publicitaires transmis à des tiers. Parmi nos partenaires, Proton VPN propose une formule gratuite que sa page officielle décrit sans limite de données ni de temps, sans publicité, avec une politique de non-conservation des journaux, un interrupteur de sécurité (« kill switch ») et un seul appareil. Les serveurs gratuits sont répartis dans 10 pays tirés au hasard et la vitesse est « moyenne ». NordVPN n'a pas de formule gratuite : son essai est la garantie de remboursement de 30 jours affichée sur sa page tarifs. Pour un usage régulier sur plusieurs appareils, une formule payante se justifie.

Pour qui : utilisateurs occasionnels qui veulent protéger une connexion sur un réseau Wi-Fi public, sur un seul appareil. Pas pour qui : ceux qui attendent d'un VPN gratuit des performances ou des fonctions avancées, ou un anonymat total.

À quoi sert un VPN, et que ne fait-il pas ?

Un VPN chiffre la connexion entre votre appareil et un serveur, et masque votre adresse IP aux sites que vous visitez. Il sert surtout sur un réseau que vous ne maîtrisez pas, comme un Wi-Fi public. Il ne vous rend pas anonyme si vous vous connectez à un compte à votre nom, il ne remplace pas un antivirus et il ne protège pas de l'hameçonnage. Il déplace la confiance : votre fournisseur d'accès ne voit plus les sites visités, mais le fournisseur du VPN, si.

Nous ne recommandons aucun VPN pour contourner des restrictions de diffusion ni pour accéder à des contenus protégés.

Que conseille l'ANSSI pour les Wi-Fi publics ?

L'ANSSI, l'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, range le sujet dans ses « 10 règles d'or en matière de sécurité numérique » (règle 7). Sa recommandation principale est d'éviter les réseaux Wi-Fi publics ou inconnus, faciles d'accès et parfois contrôlés pour intercepter des informations. Si vous n'avez pas d'autre choix, elle conseille de ne jamais y faire d'opération sensible, comme un paiement par carte, une déclaration d'impôts ou la consultation d'informations confidentielles, et d'utiliser, si possible, un réseau privé virtuel.

La nuance compte. Le VPN est donc un complément en dernier recours, pas une raison de multiplier les connexions à des réseaux inconnus. La règle la plus simple reste de passer par la connexion de données de votre téléphone pour tout ce qui est sensible.

Pourquoi se méfier des VPN gratuits ?

Un service gratuit a un coût pour son éditeur : serveurs, bande passante, équipes. Il se finance par la publicité, la revente de données, une version payante ou un autre produit. Deux études publiées sur les applications Android sont à lire avec prudence :

  • L'étude de l'université du Michigan (communiqué du 7 juillet 2026, présentée au symposium NDSS 2026) a examiné 281 applications VPN Android populaires avec un outil d'audit automatisé, MVPNalyzer. Les chercheurs relèvent que 29 applications laissent fuir du trafic de navigation ou de résolution de noms (DNS) hors du tunnel, que plus de 20 % transmettent des contenus non chiffrés, que 61 envoient du trafic non chiffré ou hors du tunnel, y compris des fichiers de configuration et des données de géolocalisation, et que 76 transmettent à des tiers des identifiants de l'appareil, comme l'identifiant publicitaire. Sur 108 applications dont ils ont pu obtenir la configuration, 107 ne respectent pas les standards recommandés.
  • Une analyse portant sur 18 applications Android gratuites, relayée par Security Affairs, a trouvé qu'au moins un pisteur était présent dans 17 d'entre elles, en moyenne cinq par application. Son auteur est lui-même un fournisseur de VPN, donc a un intérêt commercial, et l'analyse est statique : elle montre ce qu'une application peut faire, pas ce qu'elle fait réellement.

À retenir : ces études concernent des applications Android en général, pas Proton VPN en particulier. Elles justifient surtout de lire la politique de confidentialité, d'éviter les applications inconnues et de se méfier des promesses de « VPN gratuit illimité » sans éditeur identifiable.

Capture de news.engin.umich.edu : communiqué de l'université du Michigan du 7 juillet 2026 sur l'étude MVPNalyzer (news.engin.umich.edu/2026/07/mobile-vpn-security-is-not-as-strong-as-advertised/), passage chiffré sur les 281 applications
Capture de news.engin.umich.edu, relevée le 20 octobre 2026.

Que permet la formule gratuite de Proton VPN ?

Source : protonvpn.com, octobre 2026. Les prix changent : vérifiez-les sur la page tarifs au moment de vous abonner.

Point Proton VPN gratuit Proton VPN payant (VPN Plus)
Données et durée Aucune limite de données ni de temps annoncée idem
Appareils 1 Jusqu'à 10
Serveurs Serveurs dans 10 pays, choisis au hasard Des milliers de serveurs dans plus de 140 pays
Vitesse « Moyenne » « La plus élevée »
Publicité Aucune annoncée Aucune
Journaux d'activité Politique stricte de non-conservation annoncée idem
Interrupteur de sécurité (kill switch) Inclus Inclus
Protocole Stealth Inclus Inclus
Bloqueur de pubs et traqueurs (NetShield) Non Oui
Cœur sécurisé (Secure Core) Non Oui
Pair-à-pair et streaming Non Oui

Garantie : 30 jours de remboursement sur les formules payantes (VPN Plus et Proton Unlimited), d'après la page tarifs.

Audit. Proton fait vérifier sa politique de non-conservation des journaux par le cabinet européen Securitum. Un article de Proton mis à jour le 16 juin 2026 annonce le cinquième audit annuel consécutif, après ceux de 2022, 2023, 2024 et 2025 : selon la conclusion de Securitum citée par Proton, les éléments techniques examinés n'indiquent pas que les serveurs audités enregistrent l'activité de navigation, les requêtes DNS, les services visités ou des métadonnées permettant d'identifier un utilisateur. Proton publie le rapport complet et indique que ses applications sont à code ouvert. Un audit décrit une situation à un instant donné, sur l'infrastructure examinée, et ne couvre pas tout le comportement des applications.

Juridiction. Proton est une société suisse, et l'éditeur indique que le droit suisse ne lui impose pas de conserver des journaux de connexion.

Capture de protonvpn.com : page protonvpn.com/free-vpn, encadré « 1 appareil, sans publicité, sans journaux » et liste des fonctions de la formule gratuite
Capture de protonvpn.com, relevée le 20 octobre 2026. Lien partenaire.
Capture de protonvpn.com : article protonvpn.com/blog/no-logs-audit, passage sur le cinquième audit annuel de Securitum et liste des rapports 2022 à 2026
Capture de protonvpn.com, relevée le 20 octobre 2026. Lien partenaire.

Voir chez Proton VPN ↗ Lien partenaire

NordVPN est-il gratuit ou y a-t-il un essai remboursable ?

NordVPN ne propose pas de formule gratuite. Sa page tarifs (octobre 2026) présente trois formules, Basique, Premium et Ultime Max, et indique que tous les abonnements incluent une garantie de remboursement de 30 jours. C'est cette garantie qui joue le rôle d'essai : à demander dans le délai, et ce n'est pas un gratuit durable. Lisez aussi le prix de renouvellement, qui figure à part du prix de lancement. Notre avis détaillé : avis NordVPN →.

Capture de nordvpn.com : page nordvpn.com/fr/pricing/, bandeau des trois formules avec la garantie de 30 jours et la mention des 10 appareils
Capture de nordvpn.com, relevée le 20 octobre 2026. Lien partenaire.

Voir chez NordVPN ↗ Lien partenaire

Quand payer un VPN devient-il raisonnable ?

Un VPN payant se justifie si :

  1. vous avez plusieurs appareils à protéger (la formule gratuite de Proton est limitée à un) ;
  2. vous avez besoin de plus de serveurs et de vitesse ;
  3. vous voulez des fonctions de protection supplémentaires (bloqueur de traqueurs, routage renforcé) ;
  4. vous utilisez le VPN quotidiennement.

Si vous ne l'utilisez qu'à l'occasion d'un voyage, la formule gratuite peut suffire, à condition d'accepter ses limites.

Quel choix selon votre profil ?

  • Vous voyagez deux ou trois fois par an et vous connectez à un Wi-Fi d'hôtel ou de gare : la formule gratuite sur un appareil peut suffire, en gardant en tête la règle de l'ANSSI (pas d'opération sensible sur un réseau public).
  • Vous travaillez parfois depuis des cafés ou des espaces partagés : un VPN payant sur ordinateur et téléphone évite de jongler entre appareils. Si votre employeur fournit un VPN, utilisez celui-là.
  • Vous voulez protéger plusieurs personnes d'un foyer : regardez le nombre d'appareils simultanés des formules payantes (jusqu'à 10 chez Proton VPN comme chez NordVPN, d'après leurs pages tarifs).
  • Vous cherchez surtout à bloquer la publicité et les traqueurs : cette fonction est payante chez Proton VPN (NetShield), et un VPN n'est pas le seul moyen d'y arriver.
  • Vous avez simplement peur d'être piraté : un VPN ne règle ni les mots de passe réutilisés ni l'hameçonnage. Un gestionnaire de mots de passe et la double authentification protègent mieux ; voir notre guide sur le choix d'un antivirus → pour la protection de l'appareil.

Comment vérifier un VPN gratuit avant de l'installer ?

  1. Qui l'édite ? Un éditeur identifié, avec une adresse et un site, pas une application anonyme.
  2. Quel est son modèle économique ? S'il est invisible, méfiez-vous.
  3. Quelle est sa politique de journalisation ? Lisez-la, et cherchez un audit indépendant récent.
  4. Quelles permissions demande l'application ? Elles doivent se limiter au nécessaire.
  5. Que disent les avis récents ? Sur plusieurs plateformes, pas seulement sur la boutique d'applications.
  6. Existe-t-il une version payante ? C'est souvent le signe d'un modèle économique clair.

Que faire si vous utilisez déjà un VPN gratuit que vous ne connaissez pas bien ?

Ne paniquez pas, mais faites le point. Ouvrez la fiche de l'application dans la boutique : l'éditeur est-il nommé, avec un site et une politique de confidentialité lisible ? Regardez les permissions accordées dans les réglages de votre téléphone et retirez celles qui n'ont rien à voir avec un VPN (contacts, micro, position précise). Si l'éditeur reste introuvable ou si l'application réclame beaucoup d'autorisations, désinstallez-la, puis remplacez-la par un service identifié, gratuit ou payant. Changez ensuite le mot de passe des comptes sensibles que vous avez ouverts pendant que l'application était active, en commençant par la messagerie et la banque.

Quelles questions poser à l'éditeur d'un VPN ?

  • Quelles données de connexion conservez-vous, pendant combien de temps, et où ?
  • Qui a audité cette politique, à quelle date, et le rapport est-il public ou réservé aux abonnés ?
  • Comment financez-vous la formule gratuite, et partagez-vous des données avec des régies publicitaires ?
  • Dans quel pays êtes-vous établi, et quelles obligations légales de conservation vous y visent ?
  • Que se passe-t-il à l'expiration de mon abonnement : le compte repasse-t-il en gratuit ou la connexion est-elle coupée ?

Les réponses sont en général dans la politique de confidentialité et la page « sécurité » ou « audit » de l'éditeur. Une réponse absente ou vague est elle-même une information.

Comment réaliser une première installation propre ?

  1. Téléchargez l'application depuis la page officielle de l'éditeur ou la boutique d'applications de votre appareil, jamais depuis un lien reçu par message.
  2. Créez le compte avec une adresse et un mot de passe qui ne servent pas ailleurs.
  3. Activez l'interrupteur de sécurité (kill switch) s'il n'est pas actif par défaut : il coupe la connexion si le VPN tombe, au lieu de laisser le trafic partir en clair.
  4. Connectez-vous à un serveur proposé, puis ouvrez un site de test d'adresse IP pour vérifier que l'adresse affichée n'est plus la vôtre.
  5. Notez la date de votre dernière vérification, et reprenez-la à chaque mise à jour importante de l'application.

Quels termes faut-il connaître ?

  • Protocole VPN : la manière dont le tunnel chiffré est établi. Il change selon les applications, et certaines proposent un protocole conçu pour passer sur des réseaux qui bloquent les VPN (c'est le cas de Stealth chez Proton VPN).
  • Journaux (logs) : les traces de connexion que le service pourrait conserver. Une politique « no-logs » est une promesse, vérifiable en partie par un audit.
  • Kill switch : l'interrupteur qui coupe la connexion si le tunnel tombe.
  • Audit indépendant : une vérification par un cabinet extérieur, datée, sur un périmètre précis.
  • Serveur partagé : plusieurs utilisateurs passent par la même adresse, ce qui brouille le lien entre une adresse et une personne.

Pas sûr ? Dites-nous ce que vous voulez protéger

En France, l'utilisation des moyens de cryptologie est libre, d'après l'article 30 de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique (consultable sur Légifrance). Un VPN chiffre les échanges : rien n'interdit donc à un particulier d'en utiliser un, par application de ce principe, qui est une lecture du texte plutôt qu'une phrase qui nomme les VPN. Un VPN ne rend en revanche légal aucun acte illégal : ce qui est interdit reste interdit, connecté ou non. Les règles peuvent évoluer : vérifiez la réglementation en vigueur sur Légifrance.

En voyage, le droit local s'applique. Les conseils aux voyageurs du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères indiquent par exemple que l'utilisation des VPN est interdite en Iran. Avant un départ, ouvrez la fiche du pays de destination sur le site France Diplomatie, rubrique « informations utiles », et lisez ce qui concerne Internet.

Capture de diplomatie.gouv.fr : conseils aux voyageurs pour l'Iran, rubrique « informations utiles », passage sur Internet et les VPN
Capture de diplomatie.gouv.fr, relevée le 20 octobre 2026.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur VPN totalement gratuit ?

Il n'y a pas de meilleur VPN gratuit en soi. Parmi nos partenaires, Proton VPN propose une formule gratuite sans limite de données annoncée, sur un appareil et avec des serveurs dans 10 pays. Voir le tableau.

Est-il possible d'avoir un VPN gratuit ?

Oui, avec des limites. Les risques sont réels pour les applications gratuites sans éditeur identifié : lisez la section sur les études.

Quel VPN est gratuit à 100 % ?

Une formule gratuite n'est jamais « sans condition » : appareil unique, serveurs limités, vitesse moyenne chez Proton VPN. Méfiez-vous des promesses sans limites.

Quel est l'inconvénient du VPN ?

Il déplace la confiance vers le fournisseur du VPN, peut ralentir la connexion et ne protège ni des virus ni de l'hameçonnage.

Quel est le VPN le plus fiable et gratuit ?

Nous ne classons pas les VPN gratuits. Pour juger, vérifiez l'éditeur, l'audit, la politique de non-conservation des journaux et l'absence de publicité.

Comment activer un VPN gratuitement ?

Installez l'application d'un éditeur identifié, créez un compte si nécessaire, puis activez la connexion. Sur un appareil professionnel ou scolaire, suivez les règles de l'organisation.

Un VPN est-il légal ?

En France, l'utilisation de moyens de cryptologie est libre d'après l'article 30 de la loi du 21 juin 2004 (Légifrance), et rien n'interdit à un particulier d'utiliser un VPN. Cela ne rend pas licite un acte illicite. Côté sécurité, l'ANSSI conseille d'abord d'éviter les Wi-Fi publics et, à défaut, d'utiliser si possible un VPN en s'abstenant de toute opération sensible. Les règles peuvent évoluer : vérifiez sur Légifrance.

Un VPN protège-t-il d'un virus ou d'un site frauduleux ?

Non. Il chiffre la connexion, il ne vérifie ni les fichiers que vous téléchargez ni l'authenticité des sites que vous visitez.

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